dimanche 9 mars 2008

Les étrangers dans la résistance française

Lorsque nous parlons de Résistance, nous pensons immédiatement à Jean Moulin, de Gaulle et à tous les Français qui ont participé à la libération de la France. Mais il y avait également de nombreux étrangers dans la Résistance intérieure : qui étaient-ils et comment ont-ils agi ? Tout d’abord, nous verrons la part des étrangers dans la population française en 1939 et leurs raisons d’intégrer la résistance, puis des maquis d’étrangers seront présentés et enfin quelques hommages à ces étrangers seront montrés.

I Etrangers et résistance française


1) Immigrants en France

En 1939, presque tous les étrangers (90 %) étaient d’origine européenne, et ils représentaient 7 % de la population. 1/3 des étrangers étaient italiens et les autres étaient surtout espagnols, belges, polonais et quelques uns allemands. Ils vivaient essentiellement dans la région parisienne, au Sud-est et au Nord.

a)raisons économiques de l’immigration
La demande de main d’œuvre de la France fut à l’origine de nombreuses immigrations. Quand la France construisit son réseau ferroviaire pendant le second empire, elle avait besoin de beaucoup de main d’œuvre. Des belges, puis des italiens arrivèrent et exercèrent les “sales métiers”, dont les français ne voulaient plus, comme mineur, maçon, terrassier…

Pendant la première guerre mondiale, la plupart des hommes étaient au front, mais les entreprises devaient fonctionner malgré tout, c’est pourquoi le gouvernement incita des algériens et des indochinois à venir travailler en France. Certains restèrent en France après la guerre et constituèrent les premières communautés implantées.

La guerre a provoqué une baisse importante de la population : 1.3 million de morts, souvent de jeunes hommes , qui n’ont pas pu être compensés par les naissances à cause de la longue période de dénatalité. Ensuite arrivèrent beaucoup d’Italiens, Polonais et Espagnols qui furent attirés par les activités telles que le textile, les houillères (Saint-Pierre-La-Palud, Saint-Étienne) et la métallurgie parce qu’elles nécessitaient beaucoup de main d’œuvre. La reconstruction et le redémarrage économique provoquèrent donc un nouveau flux d’immigration.


b)Raisons politiques de l’immigration

Une partie des immigrants étaient des réfugiés politiques qui fuyaient un pays où ils étaient persécutés.

- A partir de 1917, la France accueilli les “Russes blancs” qui fuyaient la révolution bolchevique.
- Après le génocide dont ils furent les victimes, les Arméniens arrivèrent en masse.
- A partir de 1922, les Italiens, puis les Hongrois, Roumains, Allemands, Autrichiens, et Juifs d’Europe centrale fuirent les persécutions et se réfugièrent en France.
- En 1939, les Espagnols qui fuyaient la dictature de Franco arrivèrent.
















Les Allemands qui fuyaient leur patrie dès 1933 étaient souvent des “opposants politiques” du régime, par exemple Communistes et social-démocrates qui furent les premiers persécutés par le IIIème Reich et internés dans des camps de concentration _ Dachau fut en effet ouvert en mars 1933. Ils étaient aussi des intellectuels, qui virent leurs œuvres brûler lors des autodafés parce qu’ils ne correspondaient pas aux idées des Nazis ; et des Juifs qui étaient victimes de l’antisémitisme. Enfin, certains étaient juste des gens qui n’approuvaient pas le régime allemand et qui préférèrent l’émigration à la dictature fasciste.

2)Pourquoi les étrangers se décidèrent-ils à résister.

a)Camps d’internement
Après la première guerre mondiale les gouvernements ont mené une politique d’immigration (se référer au a)mais la crise économique de 1929 obligeât ces gouvernements à stopper leur recrutement extérieur .Dans les années 30 la France inversa sa politique et chercha à réfréner le flux d’immigration et à expulser les étrangers en “surplus” dans l’économie nationale. Le première loi hostile aux étrangers date du 12 novembre 1938 et permis l’Internement administratif, le premier camp d’internement fut ouvert le 21. Janvier 1939 in Mende (Lozère). Tous les étrangers qui paraissaient douteux aux yeux des autorités préfectorales, de la police ou de la feldgendarmerie pouvaient être internés, même s’ils n’avaient commis aucune infraction à la loi. Après la chute du gouvernement républicain espagnol 700 000 Espagnols cherchèrent refuge en France. Le gouvernement de Paul Reynaud envoya les femmes, les enfants et les vieillards dans des “camps d’hébergement” et envoya les soldats de l’armée républicaine et les engagés volontaires des brigades internationales dans des “camps disciplinaires”, comme au Vernet (Ariège).
Après la défaite de juin 1940 et l’arrivée au pouvoir de Pétain, les camps occupèrent une place centrale dans les politiques répressives des autorités allemandes d’occupation et du régime de Vichy. Les communistes furent traqués , puis les décrets du 3 et 4 octobre 1940 ouvrirent une nouvelle catégorie de camps : les camps pour Juifs.
Les internés de ces camps réussissaient parfois à s’enfuir et devaient alors vivre dans la clandestinité : certains rejoignaient des maquis parce qu’il était plus sur de vivre avec d’autres que seul, et ils pouvaient de cette façon agir contre leurs oppresseurs.

b)Une revanche à prendre
De nombreux étrangers durent quitter leur patrie afin d’échapper à un régime totalitaire, et la plupart avaient vu leurs proches devenir des victimes de la dictature. D’autres vivaient depuis de nombreuses années en France mais furent pourtant victimes de la politique de répression. La résistance fut pour tous une possibilité de montrer leur désapprobation de la situation et certains, comme par exemple les Polonais et les Espagnols, souhaitaient participer à la lutte d’indépendance de leur pays grâce à la résistance. D’autres prirent leur revanche contre le régime de Vichy, qui collaborait avec les allemands et les menaçait. Enfin, certains furent offensés par les mesures xénophobes et voulurent prouver leur identité française avec leur combat pour une France libre. Ils avaient encore bien d’autres motivations, et parfois juste l’envie d’agir et de ne pas rester un spectateur de l’horreur.


II Les plus célèbres groupes de Résistants étrangers en France

Les étrangers qui voulaient s’engager dans la résistance française pouvaient intégrer un maquis ou un groupe de résistants FTP-MOI (Francs Tireurs et Partisans de la Main d’œuvre Immigrée).

1) Les FTP-MOI (Francs Tireurs et Partisans de la Main d’œuvre Immigrée)

Ce groupe de Résistance fut créé début 1941 par le parti communiste français, après le pacte germano-soviétique et l’invasion de l’URSS par les troupes hitlériennes. Il concernait les étrangers communistes qui étaient directement menacés par le régime de Vichy.

a)Dans la région parisienne
● Les FTP-MOI parisiens furent créés et dirigés par Boris Holban jusqu’août 1942 ; puis la direction du groupe fut prise par Missac Manouchian parce que Holban refusait d’augmenter la fréquence de ses actions. Enfin, après l’arrestation de Manouchian, la direction des FTP-MOI parisiens fut à nouveau prise par Holban.
En 1943, les FTP-MOI constituaient le seul groupe de résistants important dans la région parisienne parce que les FTP étaient constitués de résistants français et ils n’avaient pas la même expérience de la Résistance, c’est pourquoi ils furent démantelés en 1942 par la police française, qui collaborait depuis 1940 avec la gestapo allemande. En été 1943, les rangs des FTP-MOI parisiens comptaient 65 résistants actifs : ces forces étaient très réduites par rapport aux effectifs de la police française et de la Gestapo, pourtant les FTP-MOI n’hésitèrent pas à prendre tous les risques pour poursuivre la guérilla.
De juin 1942 à novembre 1943, ces FTP-MOI ont commis 299 actions contre les Allemands et les collaborateurs, soit presque une action tous les deux jours !
En voici quelques unes :

-Levallois-Perret, le 17 mars 1943 :
Attaque à la grenade d’un détachement allemand qui circule rue Rivay. Un soldat allemand tué et 15 blessés

-Paris, le 26 mai 1943 :
Attaque d’un restaurant réservé aux officiers allemands à la Porte d’Asnières.

-Paris, le 3 juin 1943, rue Mirabeau :
Deux FTP-MOI attaquent à la grenade un autocar transportant des marins allemands. Lors du repli, l’un des deux partisans, blessé, préfère se tuer avec sa dernière balle plutôt que d’être arrêté

-Paris, le 10 juin 1943, VIIe arrondissement :
Attaque du siège du parti fasciste italien rue Sédillot à l’occasion du troisième anniversaire de la déclaration de guerre de l’Italie à la France.
-Rueil-Malmaison, le 23 juin 1943 :
Attaque à la grenade du poste de garde de la caserne Guynemer investi par les troupes allemandes.-Banlieue parisienne :Dynamitages de pylônes électriques afin de ralentir la production industrielle destinée à l’ennemi.-Eté 1943 :Recrudescence des déraillements et sabotages sur des lignes et des trains en région parisienne et en particulier sur les lignes de la gare de l’Est.

-Paris, 12 novembre 1943 :
Rue Lafayette, IXe. arrondissement, attaque d’un convoyeur de fonds allemand pour assurer financièrement la dispersion du groupe qui se sent de plus en plus menacé. Les premières arrestations ont lieu le 26 octobre 1943.

-Attentat contre le général SS Julius Ritter :
Le 28 septembre 1943 les FTP-MOI parisiens exécutèrent le général SS Julius Ritter qui était responsable des rafles avec Fritz Saukel.
Cet attentat eu un impact très important parce qu’il montra que les officiers allemands n’étaient pas intouchables. Un sentiment d’insécurité régna alors chez les Allemands et les Français qui n’étaient pas favorables au travail obligatoire approuvèrent les résistants.


● L’affiche rouge a rendu le “groupe Manouchian” très célèbre :
Ce groupe de résistants comptait 23 communistes dont 20 étaient étrangers : Espagnols, Italiens, Arméniens, Hongrois, Roumains…certains étaient également juifs.
Suite à l’assassinat de Julius Ritter, la Brigade spéciale décida de filer de nombreux résistants. Cette traque aboutit, mi-novembre 1943 à l’arrestation de la plupart des Partisans de la région parisienne (68), notamment celle de Manouchian et de son supérieur hiérarchique Joseph Epstein, qui était responsable des FTP de la région Ile de France. Ils furent en effet tous les deux arrêtés le 16 novembre à Evry-petit-bourg.


« Mardi 16 novembre 1943, la Brigade Spéciale, après quatre mois de filature, décide de frapper en commençant par Epstein et Manouchian. Ce dernier est attendu devant son domicile clandestin par le commissaire Barrachin, chef de la Brigade Spéciale n°2 des Renseignements Généraux. Manouchian est pris en filature. Il prend le train à la gare de Lyon et descend à Evry-petit-Bourg. A la sortie de la gare, il aperçoit Epstein qui se met à marcher en direction de la Seine. Il le suit à une cinquantaine de mètres. Epstein, qui s’est déjà retourné à plusieurs reprises, convaincu d’être filé, descend vers la berge, très grasse et détrempée, et accélère le pas. Manouchian, qui s’est sans doute aussi aperçu de la filature, hésite puis continue son chemin. Poursuivi par deux inspecteurs et le commissaire Barrachin, échelonnés tous les quatre-vingts mètres environ, Epstein conserve son avance et arrive dans une allée au sol plus dur. Se retournant, il aperçoit trois policiers et se met à courir. L’inspecteur Chouffot tire à plusieurs reprises avant de le neutraliser. Rejoint par les trois policiers, il leur oppose une très forte résistance. Finalement, menotté dans le dos, il tente à nouveau de s’échapper mais sans succès. De son côté, Manouchian a été rattrapé par deux inspecteurs. Il tient dans la poche droite de son manteau un 6.35 avec une balle dans le canon mais décide de se rendre à la deuxième sommation. Il est 10 heures du matin. »
(d’ après le rapport de police – Archives nationales, Z6 82/1260).
Paragraphe extrait de « l’Affiche rouge, une victoire posthume » d’Adam Rayski, DMIH, 1999
.

Le procès Manouchian
Le procès des résistants du groupe Manouchian fut pour les Allemands prétexte à une vaste opération de propagande. Le procès des terroristes judéo-communistes a en effet fait les gros titres de la presse collaborationniste, trois jours encore après l’exécution des résistants. En réalité, le “grand procès”qui aurait duré 3-4 jours et qui aurait permis aux accusés de s’exprimer n’a compté qu’une audience à l’issue de laquelle les résistants furent condamnés à mort. Ils furent fusillés le 21 février 1943 au mont Valérien ; et la propagande qui avait pour but de discréditer la Résistance, se poursuivi avec l’Affiche rouge, placardée dans les rues.

La couleur rouge, le choix et la disposition des photos présentent les résistants comme d'impitoyables assassins dénués de cœur . N’importe qui pouvait voir cette affiche dans les rues et en être influencé s’il connaissait mal les principes et buts de la Résistance.
La question “des LIBERATEURS?”, en blanc, désignait les résistants et s’adressait aux gens qui étaient plutôt favorable à la Résistance afin de les faire culpabiliser tandis que la réponse en rouge “ La LIBERATION !Par l’armée du crime”,appuyée par les photos, dénigrait la Résistance et les étrangers. La propagande allemande s’appuyait en effet sur la xénophobie, l’antisémitisme et l’anticommunisme présumés des Français. L’affiche rouge fut en effet également distribuée sous forme de tracts, sur lesquels étaient écrit au verso “Si des Français volent, sabotent et tuent,ce sont toujours des étrangers qui les commandent, ce sont toujours des chômeurs et des criminels professionnels qui exécutent, ce sont toujours des Juifs qui les inspirent”.









Document annexe: la dernière lettre de Manouchian à sa femme Melinée. Il l’a écrite peu avant son exécution.

Fresnes, le 21 février 1944

Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,
Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et tous mes affaires je les lègue à toi, à ta soeur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.
Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta soeur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon coeur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.
Manouchian Michel.

P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M.M
.

b) dans la région toulousaine.

●Marcel Langer était un partisan communiste, et avait adhéré à une section de la MOI (main d’œuvre immigrée) qui était une organisation crée au sein de la confédération générale du travail (CGT). Après l’occupation de la zone sud par les troupes allemandes, la MOI se transforma en mouvement de résistance militaire et Marcel Langer fut le premier dirigeant des FTP-MOI de la région de toulousaine , appelée 35ème brigade, parce que Langer avait été un lieutenant de la 35ème division de mitrailleur dans les brigades internationales. Il fut arrêté le 5 février 1943 à Toulouse alors qu’il portait une valise remplie d’explosifs, et fut ensuite soumis à la torture, mais ne parla jamais. Il fut guillotiné le 20 juin 1943, et la 35ème brigade fut renommée brigade Langer.
Les résistants de la brigade Marcel Langer, qui pour la plupart étaient jeunes (lycéens, étudiants, fils d’ouvriers ou d’agriculteurs) venaient de France, d’Italie, de Pologne, de Hongrie, d’Espagne, de Roumanie (…). La Brigade était divisée entre la guérilla urbaine dans la ville de Toulouse et les actions de résistance dans tout le sud ouest de la région du département , et leur période de combats fut essentiellement pendant les années 1943-1944. Les résistants qui agissaient en ville, étaient appelés les sportifs et étaient rassemblés en groupe de trois personnes.
826 opérations de la brigade Marcel Langer furent recensées, dont 282 à Toulouse. La brigade était très efficace, 220 soldats allemands furent en effet tués et 7 membres de la police secrète furent exécutés. Les résistants ont réalisé diverses opérations : attentats, attaques à la bombe ou à la grenade, distributions de tracts, vols de tickets d’alimentation, déraillements de convois, sabotages…
Voici les principales actions de cette brigade :


-Décembre 1942 :
Organisation de la brigade et recrutement.

-Janvier 1943 :
-Sabotage de transports allemand envoyé dans de mauvaises directions.
-Récupération de matériel dans les wagons.
-Sabotage de 3 Wagons-citernes.

-Mars 1943 :
-Destruction de deux grues déchargeant du matériel
allemand sur le Canal du midi.
-Sabotage d’un convoi par mise de chiffons sur les freins.

-Avril 1943 :
Destruction par sabotage de deux avions allemands.

-Avril à décembre 1943 :
L’équipe d’Emile et de Fredi détruit 4 avions allemands,deux bombardiers,une quinzaine d’avions et neuf moteurs.
Raymond Lévy fit sauter douze locomotives destinées à des convois allemands.

- 13 juin 1943 :
Attaque à la bombe contre la Feldgendarmerie, quatre officiers allemands sont tués.

-17 juin 1943 :
Attaque contre une centrale téléphonique allemande

-1er septembre 1943 :
Un transformateur de cartoucherie sauta au moyen de deux bombes, la fabrication de douilles fut interrompue pendant deux semaines.


Le groupe Marcel Langer ne fut jamais démantelé et résista courageusement jusqu’à la fin de la guerre. Victorieux et fiers, les résistants de cette Brigade défilèrent lors de la libération de Toulouse.


Il existait aussi d’autres FTP-MOI :
A Grenoble, “le bataillon liberté”, à Lyon “le bataillon carmagnole”, a Marseille “La compagnie Marat”…
Certains étaient plus célèbres que d’autres, c’est pourquoi ils ne seront pas tous décrits précisément. Et si nous devons faire des distinctions entre eux parce que tous les hommes sont différents et qu’il serait injuste de les considérer juste comme des résistants sans identité, nous pouvons cependant remarquer que les buts sont toujours les mêmes : infliger des dommages à l’ennemi avec toutes les opérations de la guérilla urbaine, informer les gens et les inciter à résister.


2. Un groupe spécial de résistants étrangers : les allemands.
Les allemands n’étaient bien sûr pas tous fascistes et certains résistèrent dans des maquis français.


Dès 1941, plusieurs centaines d’allemands s’engagèrent dans la résistance française, notamment dans la division “Travail anti-allemand” du front national de la libération (FNL). Leur tâche consistait à apporter leur aide dans tous les domaines qui nécessitaient des connaissances de la langue et de la civilisation allemande, comme l’espionnage, la prise de contact avec des allemands, la diffusion de propagande anti-nazis au sein de l’armée allemande…

"sauver la famille,protéger la patrie soit renverser Hitler"

Le résistant allemand le plus connu en France est sûrement Otto Kühne, qui a créé “Bonnecombe” en Lozère au printemps 1942. Il fut vite le dirigeant de ce maquis et ensuite il fut l’officier politique du maquis “Montaigne”, qui fusionna début 1944 trois maquis allemands. En 1944 il devint responsable des FTP-MOI de Lozère, du gare, et de l’Ardèche, et en juin et il dirigeait plus de 2000 FTP-MOI.

Deux opérations importantes :

- le 7 et 8 avril 1944 a Saint-Etienne-Vallée-Française :
Une patrouille de la Feldgendarmerie fut anéantie.

-le 5 juin 1944 à La Rivière :
Embuscade contre les Waffen SS


Il y avait bien sûr des maquis français avec des étrangers mais ils ne seront ici pas développés avec précision parce qu’ils agissaient comme les français. En revanche, il est intéressant de parler des résistants allemands en France parce qu’ils devaient aussi se battre contre les préjugés et la rancune de tous.

3) Hommages aux étrangers

a) Chants et poèmes

- Pour tous les résistants étrangers:
Legion de Paul Eluard:

Légion

Si j'ai le droit de dire en français aujourd'hui
Ma peine et mon espoir, ma colère et ma joie
Si rien ne s'est voilé définitivement
De notre rêve immense et de notre sagesse
C'est que des étrangers comme on les nomme encore
Croyaient à la justice ici bas et concrète
Ils avaient dans leur sang le sang de leurs semblables
Ces étrangers savaient quelle était leur patrie
La liberté d'un peuple oriente tous les peuples
Un innocent aux fers enchaîne tous les hommes
Et qui se refuse à son coeur sait sa loi
Il faut vaincre le gouffre et vaincre la vermine
Ces étrangers d'ici qui choisirent le feu
Leurs portraits sur les murs sont vivants pour toujours
Un soleil de mémoire éclaire leur beauté
Ils ont tué pour vivre ils ont crié vengeance
Leur vie tuait la mort au coeur d'un miroir fixe
Le seul voeu de justice a pour écho la vie
Et lorsqu'on n'entendra que cette voix sur terre
Lorsqu'on ne tuera plus ils seront bien vengés.
Et ce sera justice.
Paul Eluard
Poème extrait de Poésie en résistance

- pour le groupe Manouchian
l’Affiche rouge, Louis Aragon

L’Affiche rouge

Vous n'aviez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants.
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses,
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui va demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient La France en s'abattant.

Louis Aragon, Le Roman Inachevé, Gallimard, 1955 Musique
Pour écouter: http://fr.youtube.com/watch?v=ENEDmTvbfog


b)Monuments




Monument didactique, qui rends hommages aux FTP-MOI de l’affiche rouge. Il est installé aux bords de la Seine à Evry, où Joseph Epstein et Missac Manouchian furent arrêtés.







Paris, au cimetière du Père Lachaise. Ce monument fut érigé pour les FTP-MOI par le parti communiste.
















Tableau “ Monument des républicains espagnols, morts pour la France” de Picasso,1946.















Les étrangers ont donc combattu le nazisme dans les FTP-MOI ou dans les maquis aux côtés de français, et ont participé activement à la liberation de la France. De tout les parti, de toutes les religions, de toutes les nationalités, des étrangers ont aidé les français, à toujours résister et à ne jamais accepter le rascime et l’inhumanité. N’oublions jamais tout ces hommes, qui ont pris de grands risques pour protéger La Liberté et la Tolérance.




3 commentaires:

Tchopendoz a dit…

Bonjour
Je viens de "tomber" sur votre blog.
Dommage que vous ne postez plus autre chose car les articles sont très riches.

Bien à vous

Tcho

M.AUGRIS a dit…

Ce blog était destiné à accueillir le travail d'une classe. Nous sommes passés depuis à d'autres projets...
Peut être connaîtra-t-il une seconde jeunesse !
En tout cas merci pour vos encouragements.
E.Augris

Anonyme a dit…

Bravo pour votre travail ! Il est encore utile...